• Etude et conservation d’ouvrages en pierres sèches au Zinnkoepfle (Haut-Rhin)

    Depuis quelques années, je m’intéresse aux structures en pierres sèches des collines sous-vosgiennes, visibles dans le vignoble ou conservées sous couvert forestier. Ce travail fait l’inventaire de ces structures peu connues et menacées tant par les remembrements viticoles que par les travaux forestiers. Le périmètre d’études s’étend d’Orschwihr à Voegtlinshoffen. Le Parc naturel régional des Ballons des Vosges m’a donné la possibilité d’intervenir sur le site du Zinnkoepfle,  sur les bans des communes de Westhalten et de Soultzmatt, dans le cadre d’un projet alliant restauration du milieu naturel et consolidation de certains éléments bâtis. 

  • Un tas de bois dans les vignes

    Les printemps ne se ressemblent pas.  Cette année, les amandiers de Pfaffenheim  ont fleuri le 11 février et les pêchers les mieux exposés leur ont aussitôt emboité le pas. Puis cet élan a été stoppé net par  le vent froid   jusqu’aux derniers jours de mars. Nouvelle explosion rose des pêchers. Quelle chance, nous avons eu deux printemps dans le  vignoble.

  • Nous sommes tous malades

    Nous sommes tous malades. Prenez mon cas, assez extrême je le reconnais. Je suis hypersensible à la poésie des vieilles maisons, comme si elles étaient mon propre épiderme.  Plus grave encore,  je m’évertue, comme archéologue et ethnologue, à comprendre puis faire partager ce qu’elles cachent sous leur peau.

  • Une affaire de cœur(s)

    La précédente  chronique déplorait la destruction d’une maison Renaissance présentant un ensemble exceptionnel de peintures murales. Nous en dénoncions la brutalité et les nombreuses conséquences. Tout s’est passé comme si la commune, propriétaire, avait mené cette démolition –en toute connaissance de l’intérêt majeur de ce monument- comme un bien privé, dont elle était libre de disposer indépendamment de l’opinion de nombre d’habitants et des intérêts à moyen et long terme de la communauté.

  • Arlequineries

    Le précédent billet parlait de cœurs et d’étoiles peintes sur des enduits de maisons paysannes. On ne sait pas quand ils furent peints  et pas davantage si des motifs de genre étaient, à des époques données et statistiquement parlant, très nombreux. Peut-être leurs auteurs étaient-ils traités de fous par leurs voisins, et ont-ils pu agir grâce à l’impunité accordée aux idiots de village.

  • Vient de paraître : La route des vins d’Alsace

    Une enquête sur le paysage de Marc GRODWOHL
    Photographies de Frantizek ZVARDON
    264 pages
    Editions du Signe. Strasbourg. Novembre 2010

    Comme son titre ne le dit pas…le texte de cet ouvrage est un essai sur le paysage du vignoble, son mouvement historique et ses représentations contemporaines.

    Décembre 2010: Orschwihr entre Pfingstberg à gauche et Bollenberg à droite. Derrière le col, Westhalten entre le Zinnkoepfle à gauche et le Strangenberg à droite.

     

  • Obermorschwiller a son circuit de découverte de l’architecture ancienne. 1ère partie: l'église

    Voici un exemple de réalisation simple et peu coûteuse, dont d'autres communes pourraient s'inspirer. L'exposition de plein air conçue pour Obermorschwiller fait reconnaître l'engagement des habitants dans la réhabilitation du patrimoine du village, et rend les contenus de dernier -art, histoire et société- accessibles à tous. L'église et les maisons portent ici une parole, le temps d'une fête ou plus si affinités.  

  • 8 mai 2010 à Emmaüs Cernay : braderie, Récupart et…muséologie

    Dans un précédent article, je parlais de la Communauté d'Emmaüs Cernay comme, aussi, un « dépôt de fouilles anthropologiques », un espace où les objets nous disent les temps que nous traversons et où les solidarités se donnent à voir. La Communauté a accueilli très généreusement des étudiants en 2010, ce qui a permis de donner corps à ce concept un peu abstrait. Une (petite) exposition le montre.
  • La foire éco-bio de Hégenheim, carnet de croquis

    Le 13 septembre 2009, j'étais invité à participer aux 1ères rencontres éco-bio de Hégenheim (Haut-Rhin, aux portes de Bâle) et y donner une causerie, exposant les débuts de l'association « Maisons paysannes d'Alsace » dans la décennie 1970 et les liens de cette initiative avec l'émergence de l' écologie politique. Cet échange a rappelé les multiples implications de la redécouverte, de l'étude et de la réhabilitation de l'architecture rurale : comment ses habitants s'y sont à nouveau identifiés, comment elle est entrée au musée, comment elle pourrait en sortir et, dans le cadre d'une réflexion plus générale sur le « village » (rural, urbain), en quoi elle pourrait nous aider à donner une dimension plus culturelle aux idées du développement durable. Dans ce chantier, je fais miens les propos d'Yvan Illich : « Certains conçoivent la nostalgie romantique d'une plénitude perdue »  pour sa part, écrit-il,  il veut «  en faire le point de départ d'une étude des conditions qui pourraient permettre une reconstitution partielle du milieu habité ».La cheville ouvrière de la rencontre de Hégenheim est Michel Heinimann, compagnon de route de l'écomusée d'Alsace. Et Hégenheim fut, comme bien d'autres, un lieu où se déployèrent les activités de l'association « Maisons paysannes d'Alsace » : les maisons anciennes y firent l'objet d'un inventaire exhaustif en 1978. En 1990, on dut se résoudre à y sauver une maison de 1564 en la démontant, et la remontant aussitôt à l'écomusée d'Alsace. C'était l'occasion pour moi de faire resurgir souvenirs, expérience et documents relatifs à Hégenheim et à la commune voisine de Hésingue. Et de retourner à Hégenheim pour voir comment y évoluait la notion de patrimoine, du moins telle que les visiteurs de la foire la donnait à comprendre.
     
    Quelques images des sauvetage des maisons de Hegenheim (1564) et Hésingue
  • tâtonnements constructifs pour un monde souhaitable

    C'est en construisant avec des bandes, des équipes, des entreprises, que j'ai cherché empiriquement des alternatives –soyons raisonnables, des fenêtres d'espoir- au modèle dominant de la production de l'habitat. Les antagonismes culturels des uns et des autres, les barrages sémantiques, l'inaccessibilité des modes de représentation en plan, et bien d'autres frontières, qui défendent les prés carrés des techniciens,  s'abolissent dans l'expérience constructive : là, le talent de chacun est sollicité, venant broyer les concrétions d'idées reçues et de standards qui alourdissent et trahissent les idées et les concepts les plus généreux. J'aime beaucoup l'image symbolique du plancher de traçage des charpentes, où chacun a sa place et sa part , voit ce que fait l'autre, et sait qu'à cet humble niveau horizontal de nous autres les terriens, se prépare quelque chose qui va être levé, va durer et va transmettre.
    Figure 1 : sculpture formant façade du centre d'archives de l'écomusée d'Alsace, reproduisant le plancher de traçage des charpentes autour du quel se construisit le vrai-faux village de l'écomusée.

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