Les villageois de Lutter en leurs demeures. Une archéologie de la maison dans le Jura alsacien. 1530-1630

Nous avons rendu compte dans ces pages de quelques séquences de l’étude exhaustive de l’habitat à Lutter (Jura alsacien), engagée en avril 2013. A l'issue de deux années de chantier quasiment à temps plein, cette étude est désormais achevée et publiée sous la forme d'un bel ouvrage de plus de 300 pages. Ce dernier a été présenté aux habitants de la commune le 22 mai 2015, puis largement diffusé. Il a également, par bonheur pour nous car ce fut un lourd investissement personnel et d’équipe, été remarqué par des chercheurs faisant autorité bien au-delà du cadre régional. Nous reproduisons ci-dessous commentaires et recensions, qui font honneur à toutes celles et tous ceux qui se sont impliqués dans le projet. 

L'ouvrage consiste, pour l’essentiel, en une analyse du bâti avec les méthodes de l’archéologie, notamment des relevés exhaustifs et un recours systématique aux datations par dendrochronologie. Cependant, l’inventaire des biens d’un villageois de Lutter en 1582 ouvre deux fenêtres sur ce que pouvaient être les conditions de vie à cette époque. L’une est ethnologique, donnant des éléments substantiels et détaillés sur le mode d’habiter d’un villageois aisé. L’autre est économique et sociale : à travers les biens d’exploitation (matériel, terres, cheptel), les aires d’échanges et de relations, on entrevoit le contexte dans lequel a éclos cet ensemble architectural de près de trente maisons.

Après une collecte aussi dense — et fructueuse – d’informations, qui a posé nombre de questions nouvelles, il paraissait difficile de s’arrêter en chemin.  Notre recherche a repris en 2016, avec un nouvel objectif. Il s’agit à présent de rattacher à chaque maison ses habitants, à un moment donné, en l’occurrence l’année 1575 qui est la mieux documentée. Cette seconde phase d’études est à mi-parcours, car on connaît à présent pour chaque maison non seulement l’identité de son habitant, mais aussi la description exacte de la fortune foncière de ce dernier, son rang d’imposition ;  peu à peu émergent également des textes étudiés des éléments plus personnels, plus vivants, qui animent le tableau architectural. Ils remettent des visages aux fenêtres des maisons, en quelque sorte.

 

Bonjour

 

 Au Musée d'ethnographie régionale de Sighet (Maramures, Roumanie) en septembre 2008)

 

Bonjour, et merci d'avoir consacré de votre temps à atteindre ces pages.  Vous y trouverez principalement des témoignages sur des actions, des pratiques, auxquelles j'ai été associé, ou dont j'ai été, ou suis, l'initiateur.

Les expériences, leurs relations, gravitent autour d'une même recherche centrale : comment élaborer avec des personnes, des groupes, les meilleurs outils pour construire leurs propres notions de « patrimoine » ; ce terme fourre-tout se comprenant ici au plus près de son sens littéral d'ensemble transmissible de biens matériels et moraux.

Ce qui est relaté ici se déroule, s'est déroulé, dans un paysage composite. Les chemins sont buissonniers et parfois braconniers, traversant des espaces aussi contrastés que la muséographie ou les concepts de développement socialement durable.

Je vous propose ainsi les carnets de voyage studieux d'un praticien, avec les quelques qualités et les défauts d'un site personnel : des informations de première main, des pratiques éprouvées par l'expérience, des échecs aussi. Et, c'est aussi inévitable que revendiqué, une subjectivité, une forme d'engagement, des notations très personnelles : prenez-les pour ce qu'elles sont, rien de plus que des matériaux en libre-service. Si mon site est une brocante, où l'on trouve de tout et parfois des choses qui ont une utilité, il a largement atteint son ambition. Deux demandes seulement : ne pas hésiter à me faire bénéficier de vos retours. Et mentionner la source en cas d'utilisation de textes ou illustrations.

 

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